Déguster des mathématiques – Entretien avec Idriss Aberkane

LE GAI SAVOIR

Publié par Daliborka Milovanovic le 

Les façons d’enseigner « industrielles » qu’adopte l’école traditionnelle ne sont pas neuro-ergonomiques, c’est-à-dire qu’elles ne permettent pas de se saisir d’une connaissance de manière efficace. De plus, elles ne captent plus l’attention des élèves en qui elles suscitent souvent ennui voire dégoût. C’est particulièrement le cas de l’enseignement des mathématiques. Idriss Aberkane, neuroscientifique, enseignant chercheur, spécialiste en neuro-ergonomie et représentant solaire de l’humanisme 2.0, celui qui constitue la seconde Renaissance qui, selon lui, caractérise notre époque, a un point de vue enthousiasmant sur la façon dont les savoirs pourraient être « servis » aux affamés d’apprentissages que sont les enfants et notamment sur la façon de servir des mathématiques, ce « chocolat noir » de la connaissance. Orateur brillant, vulgarisateur de talent, créateur de métaphores lumineuses, amoureux de la connaissance, il nous fallait absolument le rencontrer. L’entretien fut passionnant au-delà des attentes.

Pour illustrer le système éducatif contemporain, Idriss Aberkane nous propose l’analogie suivante [1]. Vous vous trouvez, dans un hôtel de luxe, face à un buffet à volonté comme on pourrait en rêver ; des mets plus appétissants les uns que les autres, un festival de couleurs et d’odeurs. Mais alors le maître d’hôtel surgit et vous ordonne de tout manger en une heure. « Quelqu’un l’a fait avant toi, on sait donc que c’est possible » et « tu payeras non pas ce que tu as mangé mais ce que tu n’as pas mangé ». Cette situation infernale, c’est celle dans laquelle se trouve un enfant à l’école : instruit de force, selon un rythme « idéal » imposé, jugé sur ce qu’il ne sait pas… L’image est efficace. Comment ne pas être écœuré de la connaissance et ne pas devenir anorexique de l’apprentissage (l’équivalent de « se faire vomir » serait sans doute « oublier son cours après l’examen » et l’oubli serait alors le vomissement de l’âme) ? Pourquoi imposerait-on à son « premier cerveau » ce que l’on n’imposerait jamais au « second cerveau » qu’est le système digestif ? Si vous appreniez que votre enfant était ainsi gavé à la cantine, vous ne l’y laisseriez pas manger un jour de plus…

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